Tout savoir sur la momification dans l’égyptologie

L’Egypte a toujours fait rêver, par ses célèbres pharaons, ses sites exceptionnels, ses hiéroglyphes, mais aussi la momification. Helmi Boutros, curateur de musée et fervent passionné d’égyptologie, revient en détail sur ce procédé qui avait pour objectif de conserver le corps d’une personne décédée dans un parfait état.

L’apparition de la momification dans l’Égypte ancienne

La momification serait apparue dans la religion égyptienne lorsque le dieu Anubis, représenté avec une tête de chacal, aurait sauvé Osiris en l’entourant de bandelettes de lin, lui évitant une putréfaction certaine. C’est d’ailleurs pourquoi les prêtres embaumeurs portaient toujours un masque de tête de chacal afin de représenter et d’invoquer la protection d’Anubis.

On peut dater l’usage de la momification dès 2400 avant Jésus-Christ. Il faut savoir qu’à l’origine, la croyance voulait que seuls les pharaons aient accès à l’immortalité. Pourtant, à partir de 2000 avant Jésus-Christ, il apparut que toute personne pouvait accéder à l’au-delà grâce à la momification, et si les rituels étaient bien respectés, notamment par le biais des prières du Livre des Morts. Toutefois, Helmi Boutros nous rappelle que seuls les riches égyptiens pouvaient se le permettre.

Les étapes de la momification

Des embaumeurs procédaient à différentes étapes afin de préparer le corps à la momification. Il s’agissait de personnes spécialisées, car les rituels étaient nombreux et complexes.

Tout d’abord, l’embaumeur s’attelait à laver le corps, à le raser, puis à le purifier avec de l’eau sacrée. Une fois cette étape réalisée, il devait ensuite prélever les organes à l’aide de divers outils. Par exemple, un couteau en métal servait à ouvrir l’abdomen afin d’enlever le foie, les intestins, l’estomac et les poumons. Une longue tige de bronze, dont le bout était recourbé, servait à retirer le cerveau. L’embaumeur nettoyer ensuite ces organes à l’aide de vin de palme, pour enfin être déposés dans quatre vases, des canopes en calcaire, en calcite ou en argile, à l’effigie des quatre fils d’Horus. Il est à noter que les viscères étaient parfois empaquetés puis replacées dans le corps et que le cœur était le seul organe préservé.

L’embaumeur recouvrait ensuite le corps d’un sel, appelé natron, afin de dessécher la chair et conserver le corps. Il s’agit d’un puissant désinfectant composé de sel (carbonate de sodium) et de bicarbonate de soude, qui était extrait des rivières asséchées. Cette opération était particulièrement longue, plusieurs semaines, et parfois jusqu’à 70 jours, afin d’ôter toute l’humidité du corps. Une fois parfaitement desséché, le corps était ensuite rempli et enduit de plusieurs substances, comme de la gomme de cèdre ou encore de la myrrhe. Des bouts de tissus, de la sciure de bois ou de la boue du Nil pouvait également être placés dans les cavités afin de rendre le corps plus souple, tandis que des tampons de lin ou de petits oignons pouvaient remplacer les yeux.

Si le mort avait une position élevée dans la société, il avait de nombreuses parures, comme des bijoux ou des perruques. Le corps est ensuite entouré de bandelettes de lin, imprégnées au préalable avec de la gomme arabique, dans lesquelles des amulettes sont placées afin d’apporter une protection au mort dans l’au-delà. Un masque funéraire est placé sur la tête du défunt, puis la momie est alors placée dans un sarcophage, qui va lui-même être déposé dans un tombeau (hypogée, pyramide ou mastaba).

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