Les outils changent, les marchés évoluent et de nouvelles technologies apparaissent régulièrement. Pourtant, certaines questions auxquelles sont confrontés les entrepreneurs restent étonnamment similaires : comment identifier un besoin réel ? Quand faut-il transformer une idée en projet ? Comment s’adapter lorsque le contexte change ? Et surtout, comment continuer à apprendre après plusieurs décennies d’expérience ?
Pour Thierry Garot, l’entrepreneuriat ne se résume justement pas à une succession de créations d’entreprises.
Son parcours, construit sur près de trente années entre fonctions de dirigeant, projets entrepreneuriaux, conseil et développement de solutions numériques, témoigne plutôt d’une manière constante d’aborder les problèmes : observer une situation, comprendre ce qui bloque puis essayer de construire une réponse.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme profondément les méthodes de travail, cette expérience permet également de poser une question plus large : qu’est-ce qui change réellement dans le métier d’entrepreneur lorsque les outils deviennent capables d’accélérer une partie du travail ?
Trente ans d’esprit d’entreprendre plutôt que trente ans avec le même métier
Le parcours de Thierry Garot ne suit pas une trajectoire professionnelle parfaitement linéaire.
Il le décrit lui-même davantage comme 30 ans d’esprit d’entreprendre que comme trente années passées à exercer exactement la même fonction.
Au cours de cette période, il a été salarié, dirigeant, associé ou encore indépendant selon les projets et les périodes.
Cette diversité lui a permis d’observer l’entreprise sous plusieurs angles.
Créer un projet lorsque l’on dispose de peu de moyens, rejoindre une organisation existante, développer une activité, travailler avec des partenaires ou devoir modifier une stratégie sont autant de situations qui imposent des façons différentes de décider.
Le parcours entrepreneurial présenté par Thierry Garot fait ainsi apparaître un fil conducteur : partir du problème rencontré par une personne avant de réfléchir à la solution technique ou au modèle économique susceptible d’y répondre.
Des projets développés dans des univers très différents
L’une des particularités de ce parcours réside dans la diversité des secteurs abordés.
Thierry Garot a notamment participé au développement de projets liés au financement des professionnels.
Son parcours mentionne la création de Meilleurtauxpro.com, activité consacrée au financement des entreprises et professionnels.
Il a également travaillé chez Unilend, plateforme française de financement participatif destinée aux entreprises, dans un contexte où de nouvelles formes de financement cherchaient à compléter les circuits bancaires traditionnels.
Ces expériences semblent éloignées de ses projets actuels liés à l’accessibilité numérique, aux démarches administratives ou à l’intelligence artificielle.
Elles reposent pourtant sur une problématique comparable : faciliter l’accès à quelque chose qui reste difficile à obtenir ou à comprendre pour une partie des utilisateurs.
Les données publiques consacrées aux activités entrepreneuriales de Thierry Garot permettent également de retrouver plusieurs structures auxquelles son parcours professionnel est associé.
L’expérience entrepreneuriale apprend surtout à regarder les problèmes différemment
Après plusieurs projets, l’expérience ne consiste pas nécessairement à savoir à l’avance ce qui fonctionnera.
Elle permet plutôt de poser plus rapidement certaines questions.
Le problème est-il réellement important pour les utilisateurs ?
La solution répond-elle à un besoin observable ou uniquement à une intuition ?
Est-il possible de tester l’idée avant d’investir beaucoup de temps et de ressources ?
Les utilisateurs comprennent-ils immédiatement ce que le service leur apporte ?
Ces interrogations deviennent particulièrement importantes dans un environnement technologique où il est désormais possible de créer très rapidement un prototype.
L’intelligence artificielle accélère encore cette évolution.
Produire du contenu, analyser des informations, automatiser certaines tâches ou tester une idée peut désormais demander beaucoup moins de temps qu’auparavant.
Mais cette accélération ne garantit pas que le projet répondra à un véritable besoin.
L’intelligence artificielle réduit certaines barrières à la création
L’arrivée de l’intelligence artificielle générative transforme profondément la manière dont de nombreux entrepreneurs travaillent.
Certaines tâches qui nécessitaient auparavant plusieurs heures peuvent être accélérées.
Une première analyse peut être structurée plus rapidement. Un prototype peut être imaginé avec moins de ressources. Des tâches répétitives peuvent être automatisées.
Pour un entrepreneur indépendant ou une petite équipe, cette évolution est particulièrement importante.
Elle permet d’expérimenter avec des moyens autrefois réservés à des organisations disposant de davantage de ressources.
Mais elle crée également une nouvelle difficulté.
Lorsque tout le monde dispose d’outils capables de produire rapidement, la différence ne réside plus nécessairement dans la capacité à produire.
Elle se déplace vers la capacité à choisir ce qui mérite réellement d’être produit.
La technologie n’efface pas la connaissance du terrain
Une intelligence artificielle peut analyser une grande quantité d’informations.
Elle ne remplace cependant pas automatiquement l’expérience acquise au contact des utilisateurs.
Comprendre pourquoi une personne abandonne une démarche administrative, pourquoi une entreprise peine à appliquer une nouvelle réglementation ou pourquoi un professionnel n’utilise pas un outil pourtant disponible demande souvent d’observer la réalité du terrain.
Cette approche occupe une place importante dans les projets actuellement développés par Thierry Garot.
ZéroPV, Mon DUERP, Inclusio Formation, Accessibilité Facile ou Iris répondent à des problématiques très différentes, mais partent tous d’une difficulté identifiée chez un utilisateur ou une organisation.
La technologie intervient ensuite comme moyen de simplification.
Cette conception rejoint l’un des principes qu’il met aujourd’hui en avant : l’outil doit servir le problème, et non l’inverse.
L’accessibilité comme terrain d’innovation
L’accessibilité numérique illustre particulièrement cette approche.
Pour une entreprise, rendre un site ou un service numérique accessible peut apparaître initialement comme une problématique technique ou réglementaire.
Pour l’utilisateur concerné, il s’agit pourtant de quelque chose de beaucoup plus concret : pouvoir ou non accéder à une information, acheter un produit, utiliser un service ou réaliser une démarche.
Cette différence de perspective modifie la manière d’aborder l’innovation.
Il ne s’agit plus simplement d’ajouter une fonctionnalité.
Il faut comprendre les obstacles rencontrés par les personnes qui utilisent réellement le service.
Thierry Garot consacre aujourd’hui une partie importante de ses projets à ces questions d’inclusion et d’accessibilité, qu’il associe directement à sa réflexion plus générale sur la technologie.
Un portrait consacré à Thierry Garot et à son parcours entrepreneurial revient également sur cette articulation entre innovation, technologie et utilité sociale.
Entreprendre implique aussi d’accepter les changements de trajectoire
L’image de l’entrepreneur est souvent construite autour de réussites visibles.
La réalité d’un parcours de plusieurs décennies est nécessairement plus complexe.
Certains projets fonctionnent, d’autres évoluent, sont cédés, abandonnés ou doivent être reconstruits différemment.
L’expérience ne supprime pas cette incertitude.
Elle peut en revanche modifier la manière de l’aborder.
Après plusieurs projets, un changement de direction n’est plus nécessairement considéré comme la preuve que tout le travail précédent était inutile.
Les compétences, les contacts et les enseignements acquis peuvent être réutilisés dans une nouvelle activité.
Cette capacité à transférer une expérience d’un secteur à un autre explique également pourquoi certains entrepreneurs peuvent évoluer entre des univers professionnels qui semblent initialement éloignés.
Construire vite, mais vérifier encore plus vite
L’intelligence artificielle encourage aujourd’hui une accélération considérable des cycles de création.
Une idée peut devenir un prototype en quelques jours, voire parfois en quelques heures.
Cette rapidité peut représenter un avantage à condition qu’elle soit utilisée pour tester.
Construire rapidement une première version permet d’obtenir plus tôt une réaction réelle.
L’utilisateur comprend-il le produit ?
L’utilise-t-il comme prévu ?
Est-il réellement prêt à consacrer du temps ou de l’argent à la solution ?
Les réponses obtenues sur le terrain valent souvent davantage que plusieurs semaines de réflexion théorique.
L’enjeu devient donc moins de construire immédiatement un produit parfait que d’apprendre rapidement à partir de ce qui fonctionne ou non.
Une identité professionnelle qui dépasse les entreprises créées
Après trente années d’expérience, un autre changement peut apparaître.
L’identité d’un entrepreneur n’est plus nécessairement liée à une seule entreprise.
Les structures changent. Les produits évoluent. Certaines marques disparaissent et de nouveaux projets apparaissent.
Ce qui reste davantage dans le temps est une manière de travailler et de choisir les problématiques auxquelles on souhaite consacrer son énergie.
Dans le cas de Thierry Garot, cette continuité apparaît notamment autour des questions d’accès, d’inclusion et de simplification.
Elle permet de comprendre pourquoi des projets issus de secteurs différents peuvent finalement appartenir à une même trajectoire entrepreneuriale.
De l’entrepreneur à l’auteur
Cette réflexion sur les transformations technologiques dépasse également le cadre strict de l’entreprise.
Thierry Garot est l’auteur de 2037 – L’année où tout a changé, son premier roman d’anticipation sociale.
À travers la fiction, il explore les transformations possibles de la société et les conséquences que certaines évolutions technologiques pourraient avoir sur les individus.
L’exercice est différent de la création d’une entreprise, mais la démarche possède un point commun.
Dans les deux cas, il s’agit de partir du présent pour imaginer ce qui pourrait arriver ensuite.
L’anticipation devient ainsi une autre manière d’interroger les choix réalisés aujourd’hui.
L’entrepreneur de demain devra surtout apprendre plus vite
L’intelligence artificielle continuera probablement à transformer les outils utilisés pour créer et gérer une entreprise.
Certaines compétences techniques aujourd’hui indispensables pourront devenir beaucoup plus accessibles.
D’autres apparaîtront.
Dans cet environnement, l’une des compétences les plus durables pourrait finalement être la capacité d’apprentissage.
Observer un changement, comprendre ses conséquences, tester un nouvel outil puis décider s’il apporte réellement quelque chose au projet.
Cette capacité devient particulièrement importante lorsqu’une technologie évolue plus rapidement que les méthodes traditionnelles de formation.
L’entrepreneur ne peut plus nécessairement attendre de maîtriser parfaitement un outil avant de commencer à l’expérimenter.
Il doit apprendre en construisant.
Thierry Garot : l’expérience comme point de départ, pas comme point d’arrivée
Le parcours de Thierry Garot montre finalement que trente années d’entrepreneuriat ne fournissent pas une formule permettant de prédire la réussite d’un projet.
Elles permettent surtout d’accumuler des expériences permettant de mieux poser les questions.
Les technologies changent.
Les modèles économiques évoluent.
Les attentes des utilisateurs se transforment.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle accélère encore cette évolution et permet de construire plus rapidement qu’auparavant.
Mais une question reste identique à celle qui se posait avant l’arrivée de ces outils : quel problème cherche-t-on réellement à résoudre ?
C’est probablement sur ce point que l’expérience conserve toute sa valeur.
L’IA peut accélérer la construction d’une solution. Elle peut aider à analyser, produire ou automatiser.
Mais identifier les problèmes qui méritent d’être résolus reste profondément lié à l’observation, à l’expérience et à la compréhension des personnes auxquelles cette solution est destinée.